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  • Techno-capitalisme et impact sociétal : analyse critique de notre dépendance technologique

    Techno-capitalisme et impact sociétal : analyse critique de notre dépendance technologique

    I. Techno-capitalisme et techno-solutionnisme : définition et enjeux

    Le techno-capitalisme et le techno-solutionnisme sont des concepts clés dans notre société numérique.

    Ces termes désignent l’alliance entre l’innovation technologique et le capitalisme, promettant des solutions high-tech à tous nos problèmes.

    Cependant, cette approche soulève des questions cruciales sur la surveillance numérique, l’addiction aux écrans et l’empreinte écologique des nouvelles technologies.

    Un reportage diffusé par arte examine comment les smartphones, l’intelligence artificielle et l’internet des objets transforment notre quotidien, tout en créant de nouveaux défis éthiques et environnementaux.

    II. Art numérique et critique de la surveillance technologique

    Des artistes contemporains utilisent l’art numérique pour dénoncer les dérives de la société de surveillance.

    Leurs installations interactives mettent en lumière les dangers de la reconnaissance faciale et des caméras de surveillance omniprésentes.

    Ces œuvres d’art digital interrogent notre rapport à la vie privée à l’ère des big data et des réseaux sociaux, soulignant les risques de la délation facilitée par les technologies modernes.

    III. Silicon Valley et les racines du techno-solutionnisme

    L’idéologie de la Silicon Valley, berceau des géants du web comme Google, Apple et Facebook, trouve ses origines dans la contre-culture des années 60.

    Cette « idéologie californienne » fusionne l’esprit libertaire du mouvement hippie avec l’entrepreneuriat tech, promettant une révolution numérique censée résoudre tous les problèmes de l’humanité.

    Le reportage examine comment cette vision a façonné notre relation actuelle avec la technologie et l’innovation.

    IV. Objets connectés et IoT : entre dérision et critique

    L’Internet des Objets (IoT) et les gadgets connectés font l’objet de critiques artistiques percutantes.

    Des performances provocantes détournent l’usage des smartphones et des assistants vocaux comme Alexa ou Siri, remettant en question notre fascination pour ces technologies « intelligentes ».

    Ces œuvres interrogent notre dépendance aux objets connectés et aux services cloud, tout en parodiant le marketing des grandes entreprises tech.

    V. Smartphones et déconnexion du réel : un paradoxe moderne

    L’omniprésence des smartphones et des réseaux sociaux soulève des questions sur notre connexion au monde réel.

    Des artistes transforment ces appareils en instruments de musique traditionnels, illustrant comment la technologie peut nous reconnecter à des pratiques ancestrales.

    Cette approche invite à repenser notre utilisation des applications mobiles et des plateformes numériques, en faveur d’expériences plus authentiques et moins virtuelles.

    VI. Empreinte écologique du numérique : data centers et extraction minière

    L’impact environnemental des technologies numériques est considérable.

    Les data centers, essentiels au fonctionnement du cloud computing et du big data, consomment une part significative de l’énergie mondiale.

    La fabrication des smartphones nécessite l’extraction de métaux rares, souvent dans des conditions éthiquement discutables.

    Le reportage examine les coûts cachés de notre consommation numérique et son impact sur le changement climatique.

    VII. Solutions low-tech et économie circulaire : alternatives durables

    Face aux défis environnementaux, des associations promeuvent des solutions low-tech et l’économie circulaire.

    Ces approches valorisent la réparation, le recyclage et l’innovation frugale, s’inspirant souvent de pratiques traditionnelles.

    Le documentaire présente des exemples concrets d’alternatives durables aux gadgets high-tech, comme des cuiseurs solaires ou des machines à laver manuelles, soulignant l’importance des savoir-faire artisanaux dans la transition écologique.

    VIII. Conclusion : vers une utilisation éthique et durable de la technologie

    En conclusion, le reportage appelle à une réflexion approfondie sur notre relation à la technologie.

    Il encourage une approche plus consciente et éthique de l’innovation, en équilibrant les avantages de la digitalisation avec la préservation de notre autonomie et de notre environnement.

    Il souligne l’importance de développer une analyse numérique critique, permettant de naviguer dans un monde de plus en plus dominé par l’intelligence artificielle, le machine learning et les algorithmes, tout en préservant notre humanité et notre connexion au monde réel.

    Photo de Firmbee.com sur Unsplash

    Documentaire d’Arte: https://youtu.be/u5T4LgHll5U?si=c3LOhi7es3YaACP0

  • Faut-il communiquer le code de verrouillage de son téléphone portable à la police ?

    Faut-il communiquer le code de verrouillage de son téléphone portable à la police ?

    Au cours d’une audition, un prévenu a refusé de communiquer, au fonctionnaire de police qui le lui demandait, le code de déverrouillage de son téléphone portable.

    Dans un arrêt du 13 octobre 2020, la chambre criminelle de la Cour de cassation a cassé un arrêt de la cour d’appel de Paris en décidant que le code de déverrouillage du téléphone du prévenu pouvait constituer une « convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie », au sens de l’article 434-15-2 du code pénal et que le refus de remettre cette convention au fonctionnaire de police était passible de sanction pénale.

    Un code de déverrouillage est-il une convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie au sens de l’article 434-15-2 du code pénal ?

    Selon l’article 434-15-2 du code pénal :

    « Est puni de trois ans d’emprisonnement et de 270 000 € d’amende le fait, pour quiconque ayant connaissance de la convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie susceptible d’avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit, de refuser de remettre ladite convention aux autorités judiciaires ou de la mettre en œuvre, sur les réquisitions de ces autorités délivrées en application des titres II et III du livre Ier du code de procédure pénale.

    Si le refus est opposé alors que la remise ou la mise en œuvre de la convention aurait permis d’éviter la commission d’un crime ou d’un délit ou d’en limiter les effets, la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 450 000 € d’amende. »

    Le code de déverrouillage d’un téléphone portable ne permet pas de déchiffrer des données ou messages cryptés et la demande du policier n’était pas une réquisition judiciaire

    Le 16 avril 2019, la Cour d’appel de Paris a jugé que le code de déverrouillage d’un téléphone portable d’usage courant, qui ouvre l’accès aux données qui y sont contenues, ne constituait pas une convention secrète d’un moyen de cryptologie, en ce qu’il ne permettait de déchiffrer des données ou messages cryptés.

    Par ailleurs, la demande du fonctionnaire de police, au cours de l’audition du prévenu, ne correspondait pas à une réquisition émanant d’une autorité judiciaire de communiquer ou de mettre en œuvre ce code de déverrouillage.

    Selon la Cour de cassation le code de déverrouillage d’un téléphone portable peut constituer une telle convention de déchiffrement lorsque le téléphone est équipé d’un moyen de cryptologie

    La Cour de cassation a jugé que la notion de « téléphone d’usage courant » employée par la Cour d’appel de Paris était « inopérante ».

    Selon la Cour, l’article 434-15-2 du code pénal peut être applicable à condition de déterminer si le téléphone portable est équipé ou non d’un moyen de cryptologie.

    Cela peut se déduire:

    • Soit des caractéristiques de l’appareil ou des logiciels qui l’équipent,
    • Soit des résultats d’exploitation du téléphone en utilisant des « moyens d’outils techniques » par des personnes qualifiées requises ou experts.

    Une interprétation extensive de l’article 434-15-2 du code pénal au mépris du principe d’interprétation stricte de la loi pénale

    La décision de la Cour de cassation peut sembler opportune dans le contexte de lutte contre la criminalité et le terrorisme afin d’aider le bon déroulement des enquêtes de police.

    Mais sa motivation juridique pourrait être discutée.

    La Cour avait pourtant indiqué que la simple demande du policier au cours de l’audition ne constituait pas une réquisition en l’absence d’avertissement du prévenu que le refus de communiquer son code pouvait constituer une infraction pénale.

    Par ailleurs, tous les téléphones ne sont pas équipés d’un dispositif de cryptographie et le verrouillage / déverrouillage du téléphone au moyen d’un code lequel n’a pas pour effet d’activer / désactiver le cryptage des données présentes sur le téléphone.

    De nombreux téléphones sont bien « d’usage courant » et n’utilisent pas d’algorithme pour crypter les données.

    La Cour d’appel de Paris s’était d’ailleurs prononcée en ce sens.

    Comment se fera, lors d’une audition, la « déduction des caractéristiques de l’appareil ou des logiciels qui l’équipent » en l’absence d’une personne qualifiée ou d’un expert ?

    En tout état de cause, en l’état actuel de cette décision et de son interprétation extensive de l’article 434-15-2 du code pénal, en contradiction avec le principe d’interprétation stricte de la loi pénale, l’obligation pour le prévenu de devoir communiquer le code de déverrouillage de son téléphone semble établie. Et la sécurité l’emporte donc sur la liberté.

  • La captation de l’attention l’effet rashomon et la civilisation du poisson rouge

    La captation de l’attention l’effet rashomon et la civilisation du poisson rouge

    Dans « la civilisation du poisson rouge, petit traité sur le marché de l’attention« , Bruno Palatino décrit le lien entre l’addiction du public qui s’est développée pour les bulles d’informations et les contre-réalités avec le modèle économique des plateformes internet Google Facebook Twitter…

    « Ce n’est pas à quel point il est facile de tromper le public, mais à quel point le public aime être trompé, pour autant qu’il soit diverti » révèle Phineas Taylor Barnum, inventeur du cirque moderne.

    Bruno Palatino propose 10 chapitres de diagnostics truffés d’analyses économique, scientifiques et sociologiques et de références littéraires ou cinématographiques pour décrire la captation de notre attention liée à nos multiples addictions modernes avant de proposer un remède au chapitre 11 « Combattre et guérir« 

    La dopamine instantanée plutôt que l’intelligence collective

    En principe, un poisson rouge est fait pour vivre en communauté et peut se développer pour atteindre 20 centimètres. Mais son existence dans un bocal « a atrophié l’espèce, en a accéléré la mortalité et détruit la sociabilité ». Et il est incapable de fixer son attention au-delà de 8 secondes.

    Notre téléphone portable et internet sont devenus notre bocal et nous avons développé de nombreuses phobies ou comportements asociaux qui nous font privilégier la satisfaction instantanée que provoque la dopamine. Et cette tendance est décrite sous de multiples formes : théorie de la complétude ou de la prise en charge avec Netflix ou Youtube, théorie de l’expérience optimale avec Candy Crush.

    La théorie de la sagesse des foules ou de l’intelligence collective démontre que nous sommes plus intelligents collectivement qu’individuellement. A l’origine, le web a été construit sur le principe de l’accès universel gratuit et de la collaboration de l’ensemble des utilisateurs.

    Mais les gérants de l’internet ont étudié nos vulnérabilités psychologiques pour exploiter nos passions individuelles. Notre cerveau a été « hacké ».

    La technologie aurait dû nous offrir du temps disponible. Mais notre peur de rater ce qu’il ne faut pas manquer ou « FoMo », nous a conduit à aliéner notre attention pour consommer toujours davantage de volume d’information, sous une forme industrielle.

    Tout contenu est publicitaire et occupe notre temps de cerveau disponible

    Bruno Palatino rappelle qu’une journée devrait se répartir en trois tiers : l’un pour le bien être physique du corps dont le repos, le deuxième pour le travail et la vie sociale et le troisième pour la vie intellectuelle et spirituelle.

    Auparavant nous écoutions la radio ou regardions la télévision pendant un temps limité où notre attention était absorbée.

    Avec les plateformes du net, notre attention est désormais captée et nos données personnelles sont collectées de façon illimitée et à tout instant, dans une file d’attente ou les transports mais aussi pendant nos études, notre travail, notre vie personnelle et même notre repos.

    Perception de la réalité modifiée et enfermement dans une vérité relative

    L’ « effet Rashomon » est inspiré du film d’Akira Kurosawa dans lequel quatre personnes qui ont assisté à un même évènement en livrent un témoignage différent, qui finit même par faire douter de la réalité de l’évènement lui-même.

    L’auteur s’inquiète du relativisme généralisé, c’est-à-dire la perte de confiance dans les récits produits par les institutions.

    L’information disponible est noyée dans un flot d’absurdités. Le flux de contenu est tel que plus personne ne peut le lire. En ce sens  « 1984«  d’Orwell serait moins d’actualité que « le meilleur des mondes » d’Huxley.

    Le doute a été généralisé car, pour les marchands de doute, il est plus facile de créer de la vraisemblance avec de pseudo expertises alternatives, que de la réalité. Les réseaux sociaux ont favorisé le discrédit général où les croyances de chacun s’imposent sur celles des autres.

    La croyance de chacun finit par structurer sa propre réalité en devenant une réalité qu’il imagine partagée.

    Biais cognitifs et effet Dunning-Kruger

    Pour illustrer le travestissement de la réalité, Bruno Palatino se réfère aux principaux biais cognitifs de Gérald Bronner : le biais de confirmation, le biais de représentativité et le biais de simple exposition.

    L’auteur explique la courbe de Dunning-Kruger qui illustre le lien entre le degré d’ignorance d’un individu et sa confiance en soi

    Cela donne naissance aux corrélations absurdes comme le nombre de noyés dans les piscines et le nombre de films dans lequel joue Nicolas Cage.

    La désorganisation de la presse par les externalités de l’information

    La libre expression des idées aurait dû permettre à la vérité de naître et de s’affirmer et la presse devait en être le relais.

    Mais à l’ère numérique, la priorité a été donnée aux contenus qui déclenchent des réactions et amorcent des conversations. « Le mensonge et le faux volent, la vérité rampe loin derrière »

    Le remède à la désorganisation de la civilisation par l’intelligence des machines

    Bruno Palatino estime que les géants du net devraient être régulés avec un cadre juridique précisé. La conclusion de l’économiste Joëlle Toledano dans son livre « Gafa reprenons le pouvoir ! » semble rejoindre cette conclusion.

    Il serait urgent de séparer ce qui relève de la publicité et de l’information et de développer des offres numériques ne répondant pas à l’économie de l’attention.

    Pour l’auteur, il est urgent de reconquérir son temps.

    Un ouvrage riche, dense, passionnant, à lire.

  • Le modèle économique des Gafam

    Le modèle économique des Gafam

    Qui sont les Gafam ? Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

    Google qui s’appuie sur les recherches en ligne et Facebook qui s’appuie sur son réseau social réalisent très majoritairement leur chiffre d’affaires dans la publicité personnalisée en ligne

    Apple vend des smartphones et terminaux haut de gamme et détient deux tiers de la part de marché en valeur des magasins d’application.

    Amazon acteur dominant du commerce en ligne est aussi le leader historique du cloud computing (AWS).

    Microsoft a un portefeuille d’activités plus équilibré : le système d’exploitation Windows mais désormais aussi les services informatiques aux entreprises. Il est le deuxième acteur du cloud derrière Amazon.

    Le constat de l’existence de nouveaux empires économiques

    Dans « Gafa reprenons le pouvoir ! », Joëlle Toledano, économiste et professeur émérite à la chaire gouvernance et régulation de Dauphine, dresse le constat de la naissance de « nouveaux empires économiques dont les dynamiques de déploiement nous ont échappé trop longtemps ».

    « Eux, arrivent à s’extraire du droit commun, à verrouiller la concurrence, à définir leurs propres règles en s’appuyant sur l’efficacité des outils numériques et à (nous) les imposer, alors que notre organisation politique et institutionnelle s’est arrêtée au XX e siècle »

    Comme Edward Snowden dans « Mémoires Vives », Joëlle Toledano semble exprimer la nostalgie de l’internet des origines, où le nombre de participants et de sites accessibles était très limité où l’objectif était de créer « une civilisation de l’esprit dans le cyberespace ».

    Désormais, même les penseurs libéraux qui estimaient que les Etats ne devaient pas intervenir directement pour réglementer Internet, semblent s’être ravisés.

    La naissance des géants

    Joëlle Toledano décrit les processus de naissance et de croissance des géants du numérique, qui dans une première phase, semblent investir à perte avant de pouvoir augmenter leurs prix.

    • Ainsi Uber a commencé par subventionner ses chauffeurs pour constituer une offre de chauffeurs suffisantes pour faire naître la demande des clients et être en mesure de les satisfaire afin qu’ils soient plus nombreux. C’est la notion d’ « externalités de réseaux indirectes ».
    • Deezer ou Spotify ont, dans un premier temps, cherché à augmenter leurs utilisateurs gratuits, en cherchant, dans un deuxième temps, à monétiser l’audience et à empêcher l’audience acquise de changer de plateforme.

    Joëlle Toledano rappelle qu’en économie, il faut pratiquer les tarifs les moins élevés du côté où la demande est la plus sensible aux prix : Google et Facebook font payer les publicitaires qui veulent avoir accès aux consommateurs, lesquels ne paient pas directement mais en livrant leurs données personnelles.

    La consolidation des empires

    De plateformes, les géants du numériques sont devenus des empires.

    D’une part en raison du nombre considérable de données personnelles qu’ils possèdent.

    D’autre part en raison de leur stratégie d’acquisition d’entreprises et de leur trésorerie abondante, comme des entreprises de capital risque : entre 2011 et 2019, les GAFAM auraient acquis une entreprise tous les dix jours.

    Mais certaines de ces acquisitions seraient qualifiées d’ « acquisitions tueuses » car elles viseraient à empêcher la concurrence.

    Le temps du contentieux étant beaucoup plus long que le délai de survie de l’entreprise, la start-up finit par accepter « une offre qui ne peut pas être refusée ».

    Joëlle Toledano cite l’exemple des acquisitions par Facebook d’Instagram en 2012 et de Whatsapp en 2014 pour des prix extravagants, respectivement 1 milliard de dollars et 22 milliards de dollars, afin d’éviter que ces entreprises deviennent des concurrents sérieux.

    Rétrospectivement, l’auteure considère que les régulateurs américain, britannique et européen de la concurrence n’auraient  pas du autoriser ces acquisitions.

    La substitution du code informatique privé aux règles juridiques publiques

    Selon Lawrence Lessig dont un article rédigé en 1999 est cité par Joëlle Toledano, le cyberespace n’est plus régulé par le droit de la concurrence mais par les codeurs informatiques.

    Madame Toledano rappelle qu’en 2018, Google aurait effectué 3200 modifications de ses algorithmes de recherche

    Amazon, “le plus grand magasin du monde » a atteint un tel niveau de leadership aux Etats-Unis qu’il contrôle l’accès du commerce en ligne.

    Les algorithmes décident et l’absence de transparence, manifeste, est problématique pour les pouvoirs publics qui ne disposent ni des compétences ni des moyens pour vérifier la licéité de certaines pratiques.

    L’auteure fait référence aux velléités de Facebook de création de la Libra, une monnaie électronique, finalement combattue par les Etats qui ont sans doute craint la perte à venir de leur privilège régalien, celui de battre la monnaie.

    Les conséquences néfastes pour la croissance économique du développement des Gafam

    Joëlle Toledano indique que de récentes analyses économiques révèlent le ralentissement de la productivité européenne dans les années 1990 et américaine au milieu des années 2000, en dépit de la naissance et du développement des Gafam.

    L’une des explications semble être le « regulatory shopping » ou la capacité des géants du numérique à choisir l’application des règles juridiques et fiscales qui leurs sont les plus favorables.

    Fiscalement, les exemples de la TVA du Luxembourg ou de l’impôt sur les sociétés Irlandais, plus favorables que ceux de leurs voisins, sont cités.

    Juridiquement, la protection des données personnelles fait débat, notamment l’application du RGPD par l’équivalent de la CNIL irlandaise.

    Par ailleurs se pose la question de la responsabilité des plateformes au regard des contenus qu’elles hébergent et des conséquences politiques de la manipulation des réseaux sociaux.

    La puissance unique des Gafam et la nécessité d’une régulation

    Selon Madame Toledano, désormais les plateformes numériques réunissent cinq caractéristiques clés permettant d’entraver un contrôle démocratique efficace : l’argent, les médias, la complexité, la connectivité et la qualité de champions nationaux.

    La question du démantèlement de ces empires est posée par l’auteure.

    En tout état de cause, l’auteure envisage la nécessité d’une régulation de ces plateformes pour introduire de la concurrence dans des marchés verrouillés.

    • Google : partager les données et améliorer la visibilité des concurrents
    • Apple : préserver les développeurs d’applications de comportements abusifs
    • Facebook : empêcher la fusion avec Instagram et WhatsApp
    • Amazon : ouvrir la concurrence et faire évoluer la tarification